Agostinho Veloso, sj
l’“avocat du diable”
DANS LE PROCÈS CANONIQUE D'ALEXANDRINA ?
– 2 –
Le “cas”
d’Alexandrina
« Si je devais
expliquer et faire comprendre cette nuit obscure par laquelle
passent les âmes pour arriver à la divine lumière, à l'union
parfaite d'amour de Dieu, autant qu'elles le peuvent en cette vie,
il faudrait une science plus éclairée que la mienne et une
expérience plus grande. Elles sont si nombreuses et si profondes les
ténèbres et les épreuves tant spirituelles que temporelles par
lesquelles ont coutume de passer ces bienheureuses âmes pour pouvoir
arriver à cet état de perfection, que ni la science humaine ne
suffit pour le comprendre, ni l'expérience pour l'exposer ».
Accusations gratuites
Nous avons vu plus haut
les raisons qui ont amené le savant Père Veloso à ressentir une
aversion biliaire envers la “petite Malade de
Balasar”.
Il ne s'est pas contenté de combattre le cas, mais il fit également
de faux témoignages contre elle et contre son digne Directeur
spirituel.
Pourquoi n’a-t-il pas
suivi ce sage conseil de saint Jean de la Croix ?
« Pour dire quelque
chose…, je ne me fierai ni à la science, ni à l'expérience, car
l'une et l'autre peuvent faillir et induire en erreur ».
Comme je l’ai déjà dit
plus haut, lors du Procès canonique diocésain en vue de la
béatification d’Alexandrina de Balasar, quarante huit témoins furent
entendus. De ces témoins quarante sept étaient en faveur de
l’introduction de la cause ; un seul, le témoin numéro XII, y était
opposé : le Père Agostinho Veloso.
Interrogé par le
Tribunal ecclésiastique, il affirma péremptoirement :
― « Je n’ai aucune
dévotion envers la Servante de Dieu. Je ne désire pas sa
béatification, car je considère que cela serait un désastre pour
l’Église ».
Une telle
affirmation ― la seule discordante ! ― sortie de la bouche d’un
prêtre, causa un grand étonnement et méritait vraiment une
explication. Aussi le Tribunal lui demanda :
― « Vous dites que
la béatification de la Servante de Dieu serait un désastre pour
l’Église ; pour quelles raisons ? Pouvez-vous nous expliquer ? »
Sans la moindre
hésitation le Père Veloso répondit :
― « 1° Il y en a qui
disent qu’elle était paralysée. Je sais, par contre, qu’elle ne
l’était pas ;
2° Qu’elle était
atteinte d’une myélite : cela est un mensonge et je peux le prouver
avec un document signé que j’ai en ma possession, mais que je ne
confierai pas au Tribunal ;
3° J’affirme
également qu’elle n’était pas paralysée, et cela pour la simple
raison que, quand je fus à Trofa, le curé de cette paroisse m’a
montré des photographies d’Alexandrina, prises par lui-même, où l’on
voit celle-ci se promener dans le jardin, ceci vers les années
1939-1940, à peu près ».
Et un peu plus loin, il
dit encore sous serment :
― « Alexandrina
suivait les conseils et les ordres de son directeur spirituel, le
Père Mariano Pinho, et je pense qu’elle était “faite” avec lui, et
que lui était un taré sexuel ».
Graves accusations non
documentées, donc fausses accusations gratuites, ayant pour but,
probablement, d’entraver la cause alors en cours. On sait par
exemple, d’après l’Autobiographie d’Alexandrina, que si à Trofa elle
a pu se mouvoir, ce fut par un miracle de Dieu et par obéissance à
son Directeur qui lui avait suggéré de demander au Seigneur de
pouvoir marcher, ce jour-là. Ceci est attesté par le Dr. Azevedo et
Sãozinha, présents ce jour-là et plus que tous dignes de foi.
Si, comme lui-même le
dit, il pouvait le « prouver avec un document signé »,
pourquoi a-t-il refusé de le produire devant le Tribunal
ecclésiastique ? Si vraiment il l'avait eu, il l’aurait produit, et
aussi, on peut imaginer avec quel plaisir et quelle rapidité. Il
ressort plutôt que dans son orgueil et son entêtement, le père
Veloso fit là un faux témoignage.
Comme pour prouver et
justifier toutes ses assertions devant le Tribunal, le père
Agostinho Veloso produit un document ― cette fois-ci il
l'avait... ― envoyé par l’Archevêque de Braga, Dom António Bento
Martins Júnior au Provincial de la Compagnie de Jésus, le Père Jules
Marinho, document dans lequel le Prélat expliquait la décision de la
Commission d’enquête qu’il avait lui-même chargée d’étudier la “cas”
de Balasar.
Le document dit :
« Nous vous
informons que, ayant chargé une Commission, composée de personnes
prudentes et spécialisées dans les sciences philosophiques et
théologiques, d’étudier ce qui se passe concernant Alexandrina Maria
da Costa, de Balasar, ladite Commission a exprimé l’avis suivant :
“Après l’enquête
effectuée, cette Commission sent le besoin de dire ne pas avoir
trouvé de signes qui attestent, dans le cas d’Alexandrina, la
présence d'élément surnaturel, extraordinaire ou miraculeux, etc. »
Si la conclusion que
tire le Père Mariano Pinho sur le résultat de ladite Commissions,
est louable ― “devant ces déterminations, il ne reste plus qu’à
obéir, quelles qu'aient été les raisons de l’Autorité compétente” -
le Père Veloso, au contraire tire de ce document une tout autre
conclusion, très personnelle :
― « Le Prélat a
envoyé ce document au Père Jules Marinho, Provincial de la Province
Portugaise de la Compagnie de Jésus, parce qu’il connaissait la
grave responsabilité que le Père Mariano Pinho portait sur tous les
aspects de la mystification de Balasar ».
Et aussitôt après, une
attaque frontale adressée aux deux directeurs spirituels
d’Alexandrina :
― « Si elle a perdu,
successivement, deux directeurs spirituels, c’est parce que l’un
comme l’autre ont collaboré à la mystification que le Prélat ne
pouvait pas permettre. Le deuxième directeur, ce fut le Père
Pasquale. Il suffit de lire le livre “Eis a Alexandrina” (Voici
Alexandrina), dont il est l’auteur, pour se rendre compte jusqu’à
quel point il participa à cette mystification ».
Cette façon de procéder
démontre encore une fois chez le Père Veloso trois éléments qui
reviennent souvent dans sa vie : vanité, entêtement et égocentrisme.
Il a étudié, beaucoup,
donc il sait beaucoup, énormément, il sait donc tout et ce que
peuvent affirmer les autres, même avec raison, n’est pas la vérité,
parce que ce n'est pas "sa" vérité…
Qu'il suffise
d'ailleurs de lire les lignes suivantes, écrites par lui dans
l’article cité :
« Ce que je viens
d’écrire vaut comme document humain de psychologie féminine, et
comme recommandation aux journalistes ingénus et surtout aux
directeurs d’âmes, quelquefois complices, même si de bonne foi, des
fausses voies, où les meilleurs qualités naturelles peuvent se
pervertir ».
Ce que disent les
témoins
Sãozinha
Plusieurs
témoins furent interrogés, pendant le procès diocésain
d’Alexandrina, sur les affirmations péremptoires du Père Veloso.
Nous avons déjà pu lire à ce propos ce qu’ont témoigné le vénéré
Cardinal Patriarche de Lisbonne, Dom Manuel Gonçalves Cerejeira,
ainsi que les réponses détaillées du Dr. Augusto Azevedo.
Voyons maintenant ce
que répondit Maria da Conceição Proença, la maîtresse d'école de
Balasar, plus connue sous le nom de Sãozinha.
Le Tribunal lui
demanda :
― « Le Père
Agostinho Veloso dit que la vie morale du Père Mariano Pinho, avec
ses dirigées, était gravement suspecte. Vous, Madame, qu’en
pensez-vous ? »
Il est bon de rappeler
ici que Sãozinha côtoya de près Alexandrina ― lui écrivant souvent
ses lettres et même des pages de son Journal spirituel, quand
celle-ci ne pouvait le faire ou que sa sœur était absente ― ; et
qu’elle avait également le Père Mariano Pinho comme Directeur
spirituel. Écoutons donc attentivement ses réponses, qui ne manquent
pas de bon sens et de retenue.
― « J’ai été moi
aussi dirigée par lui, pendant dix ans, mais jamais je n’ai trouvé
chez lui la moindre attitude, ni la moindre parole irrespectueuse,
bien au contraire : il était délicat, attentif et surtout dévoué aux
âmes ».
Autre question du
Tribunal :
― « Était-il prudent
dans la direction spirituelle ? »
― « Avec moi il l’a
toujours été. Toutefois, je pense que quelquefois il aura pu ne pas
être prudent avec certaines personnes, à cause de sa bonté, un peu
ingénue, ce qui aura pu l’amener quelquefois à croire avec une
certaine facilité ce qu’on lui disait. Peu m’importe, je ne peux pas
croire à toutes ces accusations ».
Les accusations du Père
Veloso ayant été très graves, le Tribunal ne désarme pas : il faut
que la vérité ressorte, qu’elle devienne évidente… L’interrogatoire
continue :
— « Le père
Agostinho Veloso dit que ce fut à cause d’abus assez graves de ce
genre que les supérieurs se sont vus dans l’obligation de l’envoyer
au Brésil. Qu’en pensez-vous ? »
Calmement, Sãozinha
répondit au Tribunal :
― « Le père Mariano
Pinho a été envoyé au Brésil à cause d’une lettre diffamatoire, qui
aurait été écrite par une certaine Emma, qui demeurait du côté de
Vila Real et dont la mauvaise réputation est publiquement reconnue.
J’ai entendu dire que les Supérieurs du Père Mariano Pinho, sans
avoir dûment enquêté sur le fait, lui ont interdit de se rendre à
Balasar et quelque temps après l’ont envoyé au Brésil. Entre
l’interdiction d’aller à Balasar et le départ pour le Brésil, deux
années se sont écoulées. Je témoigne qu’il a toujours obéi et que
jamais je ne l’ai entendu se lamenter ».
— « Le père
Agostinho Veloso ― continua l’interrogateur, un religieux lui
aussi, dit ceci : “J’ai connu ce Prêtre et j’ai su qu’il était un
taré sexuel, qu'il dirigeait les pénitentes, plus ou moins
hystériques, par une voie de fausse mystique et par la pratique
d’actes sexuels avec lui et par la mystification...” — Que
dites-vous, Madame, de ces affirmations ? »
Accusation terrible qui
probablement fit trembler la bonne Sãozinha. Sa réponse est courte
mais incisive :
― « Tout cela n’est
qu’un tissu de mensonges. Celui qui me semble taré c’est le Père
Agostinho Veloso et aucun autre, car pour affirmer de telles choses
il faut être absolument certain des faits ».
L’interrogateur
argumente encore, paraissant ne pas se satisfaire de la courte
réponse de Sãozinha :
— « Vous, Madame,
vous dites que pour affirmer une telle chose il faut en être bien
certain. Or le père Agostinho Veloso est un prêtre illustre, qui
connaît le sens des mots ; quand il dit : « J’ai connu ce Prêtre »,
il était certain de ce qu’il disait. Que dites-vous, Madame, à ce
sujet ? »
Probablement un peu
paralysée par l’insistance du Tribunal, Sãozinha répondit
simplement :
― « S’il le
connaissait, il ne le connaissait pas assez, parce que le père Pinho
était incapable de telles choses ».
Semblant ne pas se
contenter de réponses aussi courtes, la Tribunal, qui connaissait
déjà suffisamment bien toutes les assertions du Père Veloso,
demanda :
— « Le père
Agostinho Veloso ajoute ceci : “J’ai entendu quelques-unes de ses
victimes, auxquelles, quand elles lui résistaient dans ses désirs
érotiques, il disait, pour les convaincre, qu’il faisait la même
chose avec Alexandrina”. Vous, Madame, que pouvez-vous dire à ce
sujet ? »
C’en était trop !... La
réaction de Sãozinha ne se fit pas attendre :
― « Je dis, avec
indignation, que tout cela est un tissu de mensonges. Je me suis
retrouvée avec de nombreuses personnes qui se rendaient chez
Alexandrina et qui étaient aussi des dirigées du père Pinho ; jamais
aucune d’elles ne s’est plainte ou ne m’a avertie contre lui ».
L’insistance de
l’interrogateur peut paraître inquisitoire, mais elle ne l’est pas,
car le Tribunal sait parfaitement que Sãozinha était très liée à
Alexandrina et qu’elle était également l’une des dirigées du Père
Pinho ; c'est ce qui explique cette insistance, bien compréhensible
et logique. L’interrogateur continua :
— « Le père
Agostinho Veloso dit encore qu’Alexandrina, sous la direction du
père Mariano Pinho, eut des manifestations de phénomènes mystiques,
comme la consécration du monde à Notre-Dame, l’invitation pour une
crucifixion totale ; et il ajoute : “J’ai raison d’affirmer que tout
cela n’est qu’une mystification: ce ne fut pas Jésus qui l’invita.
Ce fut le très imprudent confesseur qui la mena à cela, avec des
fins qui n'ont rien à voir avec la gloire de Dieu”. Et il termine :
“Je l’ai bien connu et je sais de quoi il est capable”.
Que dites-vous,
Madame, en ce qui concerne cette affirmation ? »
Sãozinha répondit
calmement et avec assurance :
― « En ce qui
concerne les phénomènes mystiques, j’en suis convaincue. Ils ont été
le résultat, non pas d’une mystification de la part du directeur
spirituel, mais venaient de Jésus.
Il ne s’agissait pas
de mystification. Alors même qu’elle a entendu les premières
invitations de Jésus, elle ne les a pas comprises, raison pour
laquelle elle a demandé au Père Mariano Pinho la signification de
celles-ci.
Je ne crois pas que
le Père Agostinho Veloso ait bien connu le père Mariano Pinho,
autrement il n’aurait pas fait ces affirmations ».
Le “calvaire” de
Sãozinha ne finit pas là : l’interrogateur lui exposa d'autres ass
du Père Veloso :
— « Le père
Agostinho Veloso dit que la sœur d’Alexandrina, Deolinda, est
devenue sa confidente et sa secrétaire dans les communications avec
le directeur spirituel. Mais le Père Agostinho Veloso est enclin à
croire que, plus que secrétaire, elle ait été complice de la
mystification, dans laquelle ledit Prêtre l’a inclue. Vous, Madame,
qui connaissez bien Deolinda et avez bien connu Alexandrina, que
dites-vous de ces affirmations ? »
Calme comme toujours,
Sãozinha répondit simplement :
― « Je dis que ni l’une
ni l’autre n’auraient été capables de se laisser manœuvrer de la
sorte. Je le sais par connaissance personnelle.
La dernière phrase
proférée fut comme une guillotine : elle décapita complètement les
éventuelles velléités qu’aurait pu encore avoir l’interrogateur du
Tribunal ― qui d’ailleurs, il faut le dire et le reconnaître,
travaillait en faveur de la cause d’Alexandrina.
Mais Sãozinha avait
encore quelque chose à ajouter. Avec, certainement, une certaine
fierté elle ajouta, avant que le Tribunal ne lui pose d’autres
questions :
― « Je suis certaine
que le Père Agostinho Veloso penserait autrement s’il avait pris la
peine d’étudier attentivement et à fond le cas d’Alexandrina ».
Cette phrase résume
parfaitement tout ce qui a été dit ici sur le Père Agostinho Veloso.
Deolinda, la sœur d’Alexandrina
Comme
les quarante-sept autres témoins, Deolinda, après avoir juré de dire
la vérité et seulement la vérité, se soumit aux questions du
Tribunal ecclésiastique.
Deolinda fut sans doute
la personne qui connut le mieux Alexandrina, étant sa sœur. Après
bien d’autres questions, arriva le moment de se prononcer sur les
dires du Père Agostinho Veloso,.
— « Le père
Agostinho Veloso affirme ― commence l’interrogateur ― que le Père
Mariano Pinho, pour arriver à ses fins, disait aux autres âmes dont
il avait la charge, qu’il faisait la même chose avec Alexandrina.
Qu’en pensez vous ? »
Cette entrée musclée
dans le vif du sujet n’impressionna point la bonne Deolinda, qui
répondit simplement :
― « Ce qu’il disait
aux autres âmes, moi je l’ignore ; quant à moi, il ne m’a jamais dit
des choses de ce genre. Je n’ai jamais vu non plus quoi que ce soit
sur ce sujet. Je ne crois pas qu’il ait été capable de pousser qui
que ce soit au péché ».
Après avoir témoigné
que sa sœur avait toujours été “scrupuleusement obéissante aux
ordres et aux conseils de ses Directeurs spirituels”, une
question surgit, immédiate et tranchante, de la bouche de
l’interrogateur :
— « Alexandrina
aurait-elle été capable d’obéir au directeur spirituel pour des
actes contre la chasteté ? »
Les réponses de
Deolinda sont toujours ― ou presque toujours ― courtes, mais d’une
grande densité, voilà pourquoi il convient de les lire calmement,
presque de les méditer…
― « Je suis certaine
que le Directeur spirituel lui-même aurait été incapable d’ordonner
de tels actes et qu’elle ne les aurait pas faits, si cela lui avait
été ordonné ».
Suivit une question sur
le Père Mariano Pinho.
— « Connaissez-vous
bien la vie morale du père Mariano Pinho ? »
― « Je connais celle
qui correspond aux nombreuses années pendant lesquelles il fut mon
directeur spirituel ».
Et, après cela, retour
aux questions sur le Père Veloso…
— « Que pensez-vous
de cette affirmation du père Agostinho Veloso : “Sa vie morale de
Prêtre, avec ses filles spirituelles, est gravement suspecte. C’est
à cause de manquements de ce genre que les supérieurs ont décidé de
l’envoyer au Brésil” » ?
Réponse ferme et
énergique de Deolinda :
― « Je ne sais pas
ce qui a pu arriver avec d’autres personnes ; mais d’après ce que je
sais de lui, je dis qu’il est impossible que cela soit vrai. Les
supérieurs l’ont envoyé au Brésil sous ces accusations, que je crois
fausses. Lui, il démontra sa vertu, en se soumettant à la volonté
des supérieurs ».
Semblant insatisfait de
la réponse, l’interrogateur reprit :
— « Le père
Agostinho Veloso a dit : “J’ai connu ce Prêtre et je sais qu’il
entraînait des pénitentes plus ou moins hystériques, par la voie de
la fausse mystique, à la pratique d’actes sexuels avec lui et à la
mystification par les visions”. Que pensez-vous de cela ? »
Avec sa simplicité
naturelle, Deolinda répondit :
― « J’ai été dirigée
par lui et jamais je n’ai eu conscience d’être hystérique et
personne ne m’a jamais accusée de cela. Je crois impossible, d’après
ce que je sais de lui, qu’il ait dirigé ses pénitentes par une voie
de fausse mystique, dans le but cité.
Il a toujours traité
tout le monde, grands ou petits, avec respect et charité ».
Le Tribunal insiste :
— « Le père
Agostinho Veloso dit avoir entendu dire à certaines des victimes,
que quand celles-ci résistaient, il leur disait qu’il faisait la
même chose avec Alexandrina ».
Avant même que le
Tribunal lui demande ce qu’elle a à dire, Deolinda dit :
― « J’ai déjà
répondu à cette question ». Et c’était vrai.
Ce ne doit pas être
facile d’entendre dire tant de mal d’une sœur, sans se révolter,
sans montrer du dégoût et un désir répulsif… Deolinda resta calme et
attendit la question suivante.
— « Une pénitente
prénommée Emma, dit, comme il a été raconté, qu’en effet il l’avait
menée à de tels actes. Qu’en pensez-vous ? »
― « Cela me semble
faux. Cela me semble impossible de la part du Père Mariano Pinho. En
ce qui concerne cette Emma, je dois dire ceci : Quand je l’ai
rencontrée, et je crois que cela n’est arrivé que deux fois, elle
m’a fait l’impression d’être quelqu’un d’une piété exagérée et mal
formée. Plus tard j’ai entendu dire à d’autres personnes qu’elle
était une tarée ».
Père Abel Guerra, S. J.
Ce témoin fut
“surtout interrogé pour répondre aux accusations du Père Agostinho
Veloso”, et non parce qu’il aurait bien connu Alexandrina,
“qu’il n’a visitée qu’une seule fois, en 1934”. Il fut, pendant
un temps, le Supérieur du Père Pinho.
Du même âge
qu’Alexandrina, car il est né à Lavacolhos, district de Castelo
Branco, le 4 janvier 1904, le Père Abel Guerra affirma,
avant
de répondre aux questions du Tribunal :
― « J’ai de la
dévotion envers Alexandrina… je me suis recommandé à elle pour
obtenir des grâces… et je souhaite sa béatification pour la gloire
de Dieu et le triomphe de la vérité. »
Ensuite, répondant au
Tribunal qui lui demanda s’il connaissait bien le Père Veloso, sa
réponse est sans équivoque :
― « Oui, je le
connais très bien ».
Ce ”très bien” de
l’aveu même du Père Abel Guerra est très important, car étant
jésuite, il ne s’esquive pas, sachant ce que ce ”très bien” pourra
avoir comme conséquences dans les questions à venir.
― « Le Père
Agostinho Veloso dit ici catégoriquement ― dit l’interrogateur ― que
la Servante de Dieu n’a souffert d’aucune myélite, qu’il pouvait le
prouver avec un document qu’il n’a pas voulu fournir à ce Tribunal.
Qu’en pensez-vous ? »
― « Avant toute
autre chose, je n’ai pas la moindre idée de quel document il puisse
s’agir. Une pareille affirmation de la part du Père Veloso m’étonne,
parce que très catégorique et étrange ».
Le Tribunal pose alors
au Père Abel Guerre une question très judicieuse et intéressante :
― « Pensez-vous que
le Père Agostinho Veloso soit un témoin partial ou impartial dans
les relations entre le Père Mariano Pinho et la Servante de Dieu ?»
La réponse du jésuite
est tranchante :
― « Je pense qu’il
est un témoin partial, comme je pense aussi qu’il ne devrait même
pas être témoin dans ce procès, pour des raisons que j’expliquerai
par la suite ».
Le Tribunal ne chercha
pas à savoir immédiatement les “raisons” du Père Guerra et continua
son interrogatoire comme il l’avait prévu.
― « Le Père
Agostinho Veloso dit que la vie morale de ce prêtre― le Père Mariano
Pinho ― avec ses dirigées était gravement suspecte. Que pensez-vous
de cette accusation ? »
― « Pour ce que je
sais moi-même sur le Père Mariano Pinho et ce que je sais par
d’autres sources, je pense que cette affirmation n’est pas fondée,
bien au contraire, elle me paraît gravement suspecte ».
Homme cultivé et
connaisseur, le Père Abel Guerra, lui aussi excellent écrivain,
répond avec assurance et aplomb aux questions du Tribunal
ecclésiastique, parce qu’il connaît “très bien” son collègue Veloso,
comme il connait également le Père Mariano Pinho.
― « Le Père
Agostinho Veloso ― poursuivit l’interrogateur ― affirma que
le Père Mariano Pinho était un taré sexuel, qu’il dirigeait ses
pénitentes, plus ou moins hystériques, par des voies de fausse
mystique, à la manière de Miguel Molinos, par la pratique d’actes
sexuels avec lui et à la mystifications par des visions. Que
dites-vous de cela ? »
― « Avant toute
chose, pour ce que je sais au sujet du Père Mariano Pinho, rien ne
me prouve qu'il ait pu être un obsédé sexuel, bien au contraire, une
telle affirmation m'étonne. Pour ce que je peux dire à son sujet,
d'après ce que j'ai vu pendant les deux années que nous avons
passées ensemble, dans la même maison provinciale, d'après aussi ses
livres et ses lettres, et d'après encore l'œuvre par lui réalisée en
deux ans, ces deux ans pendant lesquels je l'ai bien connu, et aussi
d'après le témoignage de nombreuses personnes qui l'ont connu et qui
l'estimaient, tout me porte à croire qu'il était bien un homme de
Dieu et une âme d'une rare vertu, et cela ne va pas de pair avec un
détraqué sexuel. Il a pu arriver, étant donné qu'il était une âme
simple, qu'une fois ou l'autre il ait commis quelque imprudence sans
la moindre malice, d'ailleurs ».
Comme le souhait du
Tribunal était de savoir, de connaître la vérité, l’interrogateur
reprit :
― « Le Père
Agostinho Veloso continue d’affirmer que ce fut à cause de ces abus
très graves que les Supérieurs, afin de ne pas avoir à l’expulser de
la Compagnie de Jésus, ont décidé de l’envoyer au Brésil. Vous nous
feriez plaisir, mon Père, de nous dire concrètement ce que vous
savez à ce sujet ».
Le Père Abel Guerra
sait, et comme il sait, il va calmement et longuement s’expliquer
pendant les deux sessions auxquelles il fut invité à témoigner.
Quand nous lisons ses
déclarations, nous avons envie de dire qu’il n’y a pas de meilleure
eau que celle qui coule de la source elle-même… elle y coule pure et
cristalline !
― « Je ne crois pas
qu’ils aient pensé l’expulser, car cela n’aurait pas pu se faire
sinon après un procès canonique, pendant lequel l’existence de
crimes serait prouvée, procès qui n’a pas eu lieu, et qui n’a même
pas été envisagé, je pense, par les Supérieurs.
En ce qui concerne
les abus gravissimes dont parle la Père Agostinho Veloso, même le
Père Provincial, qui l’a envoyé séjourner dans notre Séminaire de
Macieira de Cambra, où j’étais le Recteur, et m’a écrit pour me
mettre au courant de la situation, me disait qu’il ne s’agissait de
rien de bien grave, que tout au plus il ne s’agissait que d’une
imprudence et qu’en y venant, il était privé de la faculté de
confesser. À partir d’un certain moment, étant donné que dans la
maison certains désiraient se confesser à lui, j’ai demandé au Père
Provincial de lui accorder la faculté de confesser dans le Séminaire
ceux qui le lui demanderaient, et il la lui a accordée sans
difficultés.
Je pense que cela
n’aurait pas été possible, si le Père Provincial était convaincu que
le Père Mariano Pinho avait commis de graves crimes ».
Après ce discours, il
jugea bon d’apporter quelques corrections qui lui paraissaient
opportunes, car éclairant mieux le “discours” du Père Veloso :
― « D’après les
affirmations faites par le Père Agostinho Veloso, on pourrait
conclure que le père Mariano Pinho fut envoyé immédiatement de Braga
au Brésil, mais cela ne s’est pas passé ainsi : il est resté à
Macieira de Cambra pendant quatre années encore. Je crois que la
raison de son envoi au Brésil fut celle de le libérer de ce climat
délétère et de libérer les Supérieurs de cette difficulté ».
Cherchant des
affirmations sensées et, afin que de cet imbroglio particulier sorte
la vérité, le Tribunal poursuivit sa quête et l’interrogateur dit
encore au Père Abel Guerra :
― « Le Père
Agostinho Veloso continua : “J’ai entendu certaines de ses victimes
à qui, quand elles résistaient à ses désirs érotiques, il disait
qu’il faisait la même chose avec Alexandrina”. Que pensez-vous de
cette affirmation ? »
― “D’après ce que je
sais sur le Père Mariano Pinho, je considère cette affirmation
complètement fausse et en fait incompatible avec sa manière morale
de vivre ».
Le Tribunal insiste :
― « Le Père
Agostinho Veloso était-il un ami ou un ennemi du Père Mariano
Pinho ? »
La réponse donnée par
le Père Abel Guerre est très importante, car elle va montrer le vrai
caractère, comme déjà signalé plus haut, du Père Agostinho Veloso.
Écoutons-le :
― « Le Père
Agostinho Veloso était un adversaire du Père Mariano Pinho et
continue de l’être. Il y a peu encore il a dit à un Prêtre :
“J’accuse le Père Mariano Pinho, pour me défendre”, en faisant
référence à sa déposition devant ce Tribunal ».
Après cette affirmation
qui est en même temps une grave accusation, le Père Abel Guerra
regretta que le Père Mariano Pinho ne puisse pas se défendre
lui-même de si graves accusations et même qu’aucune voix “autorisée”
ne se fasse entendre pour le défendre.
Après, à la demande du
Tribunal, il raconta sa visite, en 1934, à la Servante de Dieu et
les impressions qu'en ce temps-là il avait recueillies.
― « Quand je l’ai
visitée, j’y suis allé pour étude, pour vérifier ce que j’avais
étudié sur l’Ascétique et la Mystique ― on peu noter que le Père
Veloso n’a pas jugé utile de faire cette démarche ― et j’ai conclu
qu’il n’y avait pas chez elle de signes d’hystérisme, je veux dire
hystérie, ou de maladie semblable et j’ai tiré la même conclusion de
ses écrits, surtout des lettres, que j’ai lues et qui
m’impressionnèrent par leur simplicité et leur brièveté. Aujourd’hui
encore je garde la même conviction… »
Mais le Tribunal paraît
ne pas avoir écoulé toutes ses questions sur le Père Agostinho
Veloso, c’est pourquoi il continue sa quête inlassable, en demandant
au jésuite :
— « Le Père
Agostinho Veloso dit textuellement : “J’ai raison d’affirmer que les
phénomènes mystiques, qui sont attribués à la Servante de Dieu, ne
sont rien d’autre qu’une mystification. Ce ne fut pas Jésus qui les
suscita, mais le très imprudent directeur, que dis-je, confesseur,
qui les suscita pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la
gloire de Dieu. Je l’ai bien connu et je sais de quoi il est
capable”. Que pensez-vous de cette affirmation ? »
— « Je la considère
sans fondement concret et gratuite. Je ne crois pas qu’il s’agisse
d’une mystification. Quand je suis allé la voir, j’ai eu
l’impression qu’elle avait un profond amour envers Dieu, comme je
n’en avais jamais vu chez quelqu’un. Par une sorte d’idée fixe, elle
vivait toute absorbée en Dieu, toutes ses paroles et attitudes
étaient une expression continuelle de l’amour qu’elle ressentait
pour Dieu. Je ne crois pas qu’elle ait pu se prêter à une
mystification, ni active ni passive, car elle n’était ni une malade
ni une hystérique, bien au contraire, elle était une personne
psychiquement normale. Quant au père Mariano Pinho, je ne le crois
pas capable de mener la Servante de Dieu à une mystification ».
Le Tribunal parle
ensuite de Deolinda, que le Père Veloso accusa de complicité avec sa
sœur et le Père Mariano Pinho… La réponse est courte, mais claire :
— « Je pense que
cette affirmation n’a pas de fondement ».
Sur les ordres donnés
par le Directeur spirituel à la Servante de Dieu et mis en cause par
le Père Veloso, quand il affirme devant le Tribunal qu’il “pense que
celle-ci lui était complètement soumise (au Père Pinho), lui qui
était un taré sexuel”, le Père Abel Guerra affirma catégoriquement :
— « Je pense que
cette affirmation est tout simplement une monstruosité ».
Un peu plus loin et,
pour terminer son intervention remarquable et remarquée auprès du
Tribunal ecclésiastique, le Père Abel Guerra fait une sorte de
résumé de tout ce qu’il sait ou a entendu dire, sur celle qui était
alors Servante de Dieu.
— « Je
sais que l’opinion générale est qu’elle est une grande sainte.
Beaucoup de personnes d’une grande vertu et d’une grande valeur
intellectuelle et morale me l’ont dit : S. E. Monsieur le Cardinal
Patriarche,
le Père José Aparício, S. J.,
Monseigneur Mendes do Carmo,
le Père Umberto Pasquale, sdb,
le Père Alberto Gomes et Monseigneur Manuel Vilar.
La raison de cette
renommée de sainteté lui vient de ses vertus, je veux dire, de la
réalité de ses vertus. Cette renommée n’a jamais diminué, bien au
contraire, elle augmente de plus en plus. Rien n’a été fait pour
promouvoir cette renommée, bien au contraire, beaucoup a été fait
pour la détruire et la dénigrer.
Personnellement je
pense que la Servante de Dieu est absolument digne des honneurs de
l’autel.
Tout cela je le sais
par connaissance directe ou indirecte ».
On pourrait penser que
la déposition du Père Abel Guerre s’arrêtait là, mais, comme il
l’avait promis, il avait encore quelques “petites choses” à dire,
quelques explications à fournir. Écoutons-le :
— « Je sais que
beaucoup a été fait, dit et écrit contre la renommée et les vertus
de la Servante de Dieu, de son vivant comme après sa mort.
Il a été dit que le
cas de Balasar était une mystification et son Directeur accusé de
connivence dans cette mystification et même accusé de graves péchés
contre le sixième commandement, comme cela se confirme d’après les
dépositions déjà faites ici.
Parmi les personnes
qui s’y opposent, la première place revient au Père Agostinho Veloso
qui influença le Dr. Abel Pacheco, le Dr. Gomes de Araújo et les
Supérieurs de la Compagnie de Jésus de l’époque, aussi bien que des
prêtres et d’autres personnes.
Le Père Agostinho
Veloso est encore vivant — nous étions alors en 1968. Dans son
action, à mon avis diabolique, passionnée et obstinée, il se fit
accusateur et propagateur de crimes supposés attribués au Père
Mariano Pinho.
Je présume que la
raison de cette attitude est une observation que le Père Mariano
Pinho, du temps où tous les deux résidaient à Porto, lui a faite, à
propos de quelque attitude moins correcte de celui-ci, et de-là
sortit un malentendu qui par la suite se transforma en hostilité
stimulée par la jalousie. Je sais tout ceci par connaissance
directe.
Afin que le moindre
doute ne puisse subsister dans les membres du Tribunal, le Père Abel
Guerre termine sa déposition, sur cette affaire assez scabreuse,
d’une manière catégorique : il n’avait point entendu parler, ni
personne ne lui avait raconté : il le “savait par connaissance
directe”.
*****
J’en resterai là, en ce
qui concerne les témoins interrogés par le Tribunal ecclésiastique,
lors du Procès diocésain en vue de la cause de béatification et de
canonisation d’Alexandrina Maria da Costa.
Le Père R. Payrière
Il me semble
judicieux d’inclure ici le témoignage du Père R. Payrière,
prêtre français du diocèse de Versailles, écrivain, qui
visita Alexandrina le 4 décembre 1945.
Dans une lettre
envoyée à Balasar, il dit ceci :
« Ave Maria !
Alexandrina
Maria da Costa, que j’ai vue le Mardi 4 décembre de 9 h 30 à
3 h 30 de l’après-midi, m’a paru une très belle âme toute
unie à Dieu, une hostie pure, silencieuse et joyeuse dans
une souffrance profonde qui expie les péchés du monde en
étroite union avec Celui qui est par excellence l’Agneau de
Dieu. Alexandrina est aussi l’agneau de Dieu, qui expie pour
les péchés du monde.
Immobile sur
son lit de douleur, les mains elles-mêmes ne bougeant pas
sous les couvertures.
Elle a demandé
qu’une petite statue de Notre Dame de Fatima soit posée sur
sa poitrine, dans ses bras. Elle l’a gardée ainsi près d’une
heure, la regardant avec amour, la baisant avec ferveur
surtout pendant la récitation du chapelet.
Son regard et
son sourire sont tout de bonté, de simplicité, de charité
suave et cependant elle souffre beaucoup, car par moments un
spasme douloureux crispe ses traits et voile son regard un
temps très court, le temps d’offrir à Dieu sur l’autel de
son âme et aussitôt la sérénité et la paix reprennent place
sur le visage d’Alexandrina.
Durant une
heure elle n’a pas donné, immobile, le moindre signe
d’impatience, de fatigue. Sourire, bonté, condescendance,
sagesse de Dieu, elle m’apparaît Alexandrina pendant cette
heure.
La nécessité de
parler par interprète ne me permet pas de porter un jugement
plus complet qu’aurait peut-être permis une conversation
directe. |

Lettre
de l'Abbé R. Payère envoyée à Balasar |
Mais aussi bien les
âmes de cette trempe parlent directement et silencieusement le
langage de Dieu.
Abbé R. Payrière
Diocèse de Versailles
5/12/1945 »
Tout ce qui vient
d’être dit ici, ne doit en aucun cas être regardé comme une
condamnation du Père Agostinho Veloso : Dieu seul a le droit de
juger chacun de nous, car tous, nous sommes pécheurs.
Il est bon de rappeler
que si les choses se sont passées de la sorte, c’est parce que Dieu
l’a permis ainsi, car Il est le seul à “savoir écrire droit sur
des lignes courbes”.
Nous pouvons aussi
penser que le Père Veloso aura été, involontairement, au moment du
Procès diocésain surtout, l’“avocat du diable” de la cause
d’Alexandrina et de celle éventuelle et future de son bon et saint
premier Directeur spirituel, le Père Mariano Pinho.
Il est important de
« rappeler ici — avertit le professeur José Ferreira — que le
Procès d’Alexandrina, en blanchissant le Père Pinho des infâmes
accusations dont il fut victime, facilite grandement la tâche pour
son futur procès ».
Le père Agostinho
Veloso a manqué de prudence dans ses affirmations ; il n’a pas été
charitable dans ses insinuations ; il se montra présomptueux, comme
l’a dit de lui le Cardinal, en prenant des positions non
documentées, pouvant avoir des conséquences incalculables…
« La première condition
requise pour faire un bon choix est, de notre part, que l'œil de
notre intention soit simple. Je ne dois considérer qu'une seule
chose, la fin pour laquelle je suis créé. Or cette fin est la gloire
de Dieu, notre Seigneur, et le salut de mon âme ; donc, quelle que
soit la chose que je me décide à choisir, ce doit être pour qu'elle
m'aide à obtenir cette fin : me gardant de subordonner et d'attirer
la fin au moyen, mais dirigeant le moyen vers la fin ».
Maintenant que
les trois — Alexandrina, le Père Mariano Pinho et le Père Agostinho
Veloso — ont rejoint la Maison du Père céleste — là où ni les
rivalités ni les rancoeurs n’existent — et sachant qu’“entre
le pont et l’eau il y a une certaine distance”,
ce que nous pouvons souhaiter de mieux c’est que les trois
bénéficient de la vision béatifique et intercèdent pour nous auprès
de Dieu
Alphonse Rocha
le 13 décembre 2007
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